Un calfeutrement coupe-feu referme une ouverture créée par le passage de câbles, de canalisations ou de conduits dans une paroi ou un plancher résistant au feu. Son rôle est de préserver, au droit de la traversée, la fonction de compartimentage incendie afin de limiter la propagation des flammes, des fumées et de la chaleur vers les zones voisines.
Pour les responsables de site, maîtres d’œuvre, bureaux d’études et exploitants industriels, le sujet ne se limite pas au choix d’un produit. Il implique la conformité du système, son adéquation avec le support et les réseaux traversants, sa mise en œuvre, son identification et le suivi de toute modification ultérieure. Cet article traite également d’un point rarement explicité : le lien de calcul qui relie la qualité des calfeutrements au dimensionnement de la rétention des eaux d’extinction.
Champ d’application de cet article : anhamm ne fabrique pas de systèmes de calfeutrement de câbles ou de canalisations. Nos solutions sont des barrières mécaniques de rétention destinées aux eaux d’extinction, aux liquides dangereux et aux eaux d’inondation. Les deux sujets peuvent intervenir dans un même projet de sécurité incendie, mais ils répondent à des fonctions, des essais et des exigences documentaires différents. Nous traitons ici le sujet parce que la confusion entre les deux est fréquente sur le terrain — et qu’elle a des conséquences concrètes.
À retenir
- Un calfeutrement coupe-feu est indispensable lorsqu’une traversée compromet la résistance au feu d’une paroi ou d’un plancher de compartimentage.
- Il préserve une performance existante : le système ne rend pas la paroi plus performante, il restaure sa continuité au niveau de l’ouverture.
- Le cadre français repose sur l’arrêté du 22 mars 2004 modifié, qui a substitué les classements européens (EI, REI) aux anciens degrés CF et SF.
- La documentation est déterminante : repérage, dossier de preuve, plans de recollement et traçabilité des ajouts sont essentiels pour l’exploitation future.
- Le lien avec la rétention est un lien de calcul, pas de fonction : le guide D9A définit la surface de référence par des murs REI 120 — la performance réelle de ces parois conditionne donc la validité du volume de rétention retenu.
Table des matières
Qu’est-ce qu’un calfeutrement coupe-feu ?
Un calfeutrement coupe-feu est un système testé qui maintient la résistance au feu d’un mur ou d’un plancher à l’endroit où il est traversé par des câbles, des canalisations ou d’autres réseaux techniques. Il vise notamment à limiter le passage du feu, des gaz chauds et de la chaleur entre deux compartiments incendie.
Les bâtiments industriels, entrepôts, centres de données, sites logistiques, laboratoires et installations de production comportent souvent des centaines de traversées. Chaque ouverture non traitée ou mal modifiée peut constituer un chemin de propagation vers un compartiment adjacent.
La distinction fondamentale est la suivante : un système de calfeutrement ne crée pas une résistance au feu supérieure à celle de l’ouvrage. Il doit permettre à la paroi ou au plancher traversé de conserver, localement, le niveau de performance exigé par le projet de sécurité incendie.
Cadre réglementaire du calfeutrement coupe-feu en France
En France, les exigences de protection incendie dépendent de la destination du bâtiment, de son classement, de l’activité exercée, de la présence éventuelle de substances dangereuses et des prescriptions applicables au projet. Les établissements recevant du public, les immeubles de grande hauteur, les lieux de travail et les installations industrielles ne relèvent pas tous du même ensemble de prescriptions.
Le texte de référence en matière de performance est l’arrêté du 22 mars 2004 relatif à la résistance au feu des produits, éléments de construction et d’ouvrages. Cet arrêté a annulé et remplacé l’arrêté du 3 août 1999 : il a mis en application les méthodes d’essai et de classement européennes et abrogé les méthodes françaises antérieures.
Point de vocabulaire souvent source d’erreur dans les dossiers. Depuis l’arrêté du 22 mars 2004, les performances sont exprimées en minutes selon les classes européennes, et non plus en heures ou fractions d’heure comme sous l’ancien régime « CF » et « SF ». Les éléments dont le classement comporte les symboles E et I — ou R, E et I en cas de fonction portante — peuvent être mis en œuvre lorsqu’une exigence coupe-feu est requise, le degré de performance devant être supérieur ou égal au degré prescrit après conversion. Un cahier des charges qui exige encore un « CF 2 h » sans correspondance européenne est un signal d’alerte sur l’actualisation du dossier.
Établissements recevant du public et immeubles de grande hauteur
Dans les ERP et les IGH, les règles de sécurité incendie fixent des exigences particulières pour la limitation de la propagation du feu et des fumées, l’évacuation, l’accessibilité des secours et le maintien de la stabilité des ouvrages. Les traversées de parois séparatives doivent donc être intégrées à la conception globale du compartimentage, et non traitées comme une finition de second œuvre.
Lieux de travail et bâtiments industriels
Dans les lieux de travail, l’employeur doit mettre en place des mesures de prévention adaptées aux risques de l’établissement, conformément au Code du travail. Pour un bâtiment industriel ou logistique, les exigences de compartimentage, de désenfumage, d’extinction et d’évacuation doivent être coordonnées dès la conception avec les réseaux techniques qui traversent les séparations résistantes au feu. Notre guide dédié à la protection incendie en entrepôt et centre logistique détaille cette coordination à l’échelle du bâtiment.
Sites ICPE et établissements Seveso
Les sites relevant du régime des installations classées pour la protection de l’environnement, définies par le Code de l’environnement, ainsi que les établissements concernés par la réglementation Seveso, peuvent être soumis à des prescriptions spécifiques. Celles-ci concernent la prévention incendie, la gestion des effluents pollués et la maîtrise des risques.
C’est précisément dans ce contexte que le calfeutrement des traversées et la rétention des eaux d’extinction cessent d’être deux sujets indépendants. Nous y revenons en détail plus bas. Pour les exploitants concernés par le régime ICPE, notre guide ICPE des barrières anti-déversement automatiques aborde le volet rétention de manière spécifique.
Normes d’essai et classification
Les calfeutrements de pénétration relèvent notamment de la NF EN 1366-3, qui définit une méthode d’essai permettant d’évaluer l’aptitude d’un calfeutrement à maintenir la résistance au feu d’un élément séparatif traversé. La classification s’appuie sur la NF EN 13501-2.
Les principales lettres utilisées dans les classifications de résistance au feu sont les suivantes :
- R – Résistance mécanique : aptitude à conserver une fonction porteuse lorsque ce critère est applicable.
- E – Étanchéité au feu : aptitude à empêcher le passage des flammes et des gaz chauds.
- I – Isolation thermique : aptitude à limiter l’élévation de température du côté non exposé.
Une classification telle que EI 60 indique que les critères d’étanchéité et d’isolation sont maintenus pendant 60 minutes dans les conditions d’essai correspondantes. Le niveau requis ne se choisit pas au hasard : il doit correspondre à la performance attendue du mur ou du plancher concerné et à la stratégie incendie du projet.
Sur le plan documentaire, l’arrêté du 22 mars 2004 modifié prévoit que les performances de résistance au feu sont fixées soit par un rapport de classement en langue française annexé à l’attestation de conformité établie dans le cadre d’un marquage CE incluant l’exigence de résistance au feu, soit par un procès-verbal établi par un laboratoire agréé. Dans certains cas, les deux documents sont exigibles. Ces documents ne peuvent être délivrés que pour des éléments nettement définis et référencés, ainsi que pour leurs différents composants — ce qui explique pourquoi la substitution d’un composant par un autre sort du domaine couvert.

Les systèmes de calfeutrement coupe-feu
Le choix d’un calfeutrement coupe-feu dépend de la nature de la traversée, du type de support, de la taille de l’ouverture, de la présence d’isolants, des réseaux concernés et des évolutions prévues. Une solution adaptée à un faisceau de câbles dans une cloison légère peut ne pas être compatible avec une traversée mixte dans une dalle en béton.
Calfeutrement de traversées de câbles
Les passages de câbles peuvent être traités au moyen de panneaux, mortiers, blocs, coussins, mastics, enduits ou systèmes modulaires, selon la configuration. Les solutions reconfigurables sont particulièrement utiles lorsque les ajouts de câbles sont fréquents, par exemple dans les centres de données, les locaux techniques ou les installations de production évolutives.
Le point essentiel est de respecter la configuration couverte par le rapport de classement, le procès-verbal d’essai ou la documentation technique applicable. Le mélange de composants qui n’ont pas été prévus pour fonctionner ensemble peut compromettre la performance attendue.
Calfeutrement de traversées de canalisations
Les canalisations combustibles en PVC, PE ou PP peuvent nécessiter un dispositif intumescent, tel qu’un collier ou une bande, capable de se dilater sous l’effet de la chaleur afin de fermer l’ouverture créée par la fusion ou la déformation du tube. Les caractéristiques du tube, son diamètre, son épaisseur, son isolation et son orientation font partie de la configuration à vérifier.
Pour les canalisations métalliques, la solution peut comprendre un calfeutrement autour du tube, des isolants adaptés, des systèmes de protection rapportée ou d’autres composants spécifiés par la documentation du fabricant. Les réseaux mixtes doivent être évalués dans leur ensemble, et non élément par élément.
Calfeutrements mixtes et réserves pour extensions
Une traversée peut réunir des câbles, des conduits, des canalisations et des isolants dans une même ouverture. Ces configurations mixtes doivent être prévues dès la phase de conception lorsque cela est possible. Prévoir des réserves de capacité et une solution de reconfiguration compatible limite les interventions ultérieures risquées.
Pourquoi la documentation est essentielle
Un calfeutrement coupe-feu ne doit pas être considéré comme une simple finition de chantier. Son efficacité dépend de la conformité entre la situation réelle et la configuration documentée : type de paroi ou de plancher, dimensions de l’ouverture, nature des réseaux, distances entre traversées, épaisseur du matériau, support, fixations et conditions de montage.
Après réception, l’exploitant doit pouvoir identifier les systèmes installés et retrouver leurs documents associés. Une signalétique durable, une photographie de l’ouvrage, un registre des traversées et une procédure de contrôle des modifications constituent des outils particulièrement utiles lors de travaux de maintenance, d’audits, de visites de sécurité ou de changements d’exploitation.
Calfeutrement coupe-feu et rétention des eaux d’extinction : deux fonctions différentes
Le terme « barrière » peut prêter à confusion dans les projets industriels. Pourtant, un calfeutrement de pénétration et une solution de rétention de liquides n’interviennent ni au même endroit ni contre le même risque.
| Critère | Calfeutrement coupe-feu | Barrière de rétention des liquides |
|---|---|---|
| Fonction principale | Limiter la propagation du feu, des fumées et de la chaleur à travers une traversée | Limiter la propagation de liquides au niveau du sol |
| Emplacement | Murs, cloisons, planchers et dalles | Portes, rampes, accès véhicules, seuils et ouvertures au sol |
| Milieu concerné | Flammes, fumées, gaz chauds, transfert thermique | Eaux d’extinction, produits chimiques, liquides dangereux, eaux d’inondation |
| Référentiel d’essai | NF EN 1366-3, classement NF EN 13501-2 | Rapports d’essai produit ; dimensionnement via le guide D9A |
| Justification technique | Rapport de classement ou procès-verbal de laboratoire agréé | Étude de rétention par surface de référence |
| Peuvent-ils se remplacer ? | Non | Non |
Une barrière de rétention des eaux d’extinction ne peut pas être déclarée comme un élément EI 30, EI 60 ou EI 90 si elle ne dispose pas de cette classification. À l’inverse, un calfeutrement de câbles ou de canalisations ne retient pas l’eau d’extinction, les produits chimiques ou les eaux de ruissellement au niveau des ouvertures du bâtiment.
Le lien de calcul entre les deux sujets
Si les deux dispositifs sont fonctionnellement distincts, ils sont néanmoins reliés par la méthode de dimensionnement de la rétention. Le guide D9A précise que la surface de référence est au minimum délimitée soit par des murs présentant une résistance au feu REI 120 conformément à l’arrêté du 22 mars 2004, soit par un espace libre de tout encombrement, non couvert, de 10 mètres minimum.
Autrement dit : la délimitation qui sert de base au calcul du volume de rétention repose sur la performance réelle de parois REI 120. Or une paroi REI 120 traversée par des câbles ou des canalisations ne conserve cette performance que si les traversées sont correctement calfeutrées. Un calfeutrement absent, non documenté ou modifié sans contrôle fragilise donc une hypothèse qui se trouve en amont du calcul de rétention.
Cette lecture n’a rien de théorique pour un exploitant : elle signifie que l’étude de sécurité incendie et l’étude de rétention ne peuvent pas être traitées par deux intervenants sans échange, chacun supposant que l’autre a vérifié la performance des parois séparatives.
Rétention des eaux d’extinction : l’approche française
Sur les sites industriels, les eaux utilisées pour combattre un incendie peuvent se charger de produits chimiques, de matières combustibles, de résidus de combustion ou d’autres polluants. Leur rejet vers les réseaux, les sols, les eaux superficielles ou les nappes peut aggraver les conséquences environnementales de l’événement.
Le guide pratique D9A, édition juin 2020, constitue l’outil de dimensionnement de référence lorsqu’une rétention d’effluents liquides pollués après incendie est requise. Il a été élaboré à l’initiative du ministère de l’Intérieur, du ministère de la Transition écologique, de la Fédération française de l’assurance et de CNPP. Cette édition annule et remplace celle d’août 2004.
Quatre éléments entrent dans le calcul : les volumes d’eau nécessaires à la défense extérieure contre l’incendie, ceux nécessaires aux moyens de lutte intérieure, le volume lié aux intempéries et les volumes de liquides présents dans la surface de référence considérée. La rétention doit être en mesure de contenir la totalité de ces volumes.
Deux valeurs forfaitaires méritent d’être retenues. Pour les intempéries, le guide retient 10 mm, soit 10 litres par mètre carré, appliqués aux surfaces étanchées — bâtiment, voirie, parking — susceptibles de drainer les eaux de pluie vers la rétention. Pour les stockages de liquides, 20 % du volume des liquides présents dans la surface de référence doivent être intégrés au calcul.
Contraintes pratiques souvent sous-estimées
Le guide D9A ne se limite pas à une formule. Plusieurs prescriptions du chapitre 6 conditionnent directement la conception des ouvrages et sont fréquemment découvertes trop tard dans les projets :
- Profondeur limitée à 20 cm pour les rétentions, à l’exception des zones spécifiques de type bassins.
- Interdiction d’utiliser comme rétention les voiries de desserte et celles destinées à la circulation des engins de secours : ces voies ne doivent en aucun cas être contaminées par les eaux d’extinction.
- Rétention délimitée par le bâtiment : seule la moitié du volume peut être considérée comme disponible, afin de tenir compte de l’encombrement au sol par les marchandises et les machines.
- Les vannes sont des éléments importants pour la sécurité. Le guide indique qu’un test trimestriel paraît nécessaire, avec un registre suivi à double émargement — opérateur et responsable — datant les actions de maintenance, de contrôle et de test.
- Les quais de chargement ne peuvent qu’exceptionnellement servir de rétention, et une signalisation doit alors mentionner la présence de la zone et le risque de noyade en cas d’incendie.
Important : le guide D9A est un outil technique de dimensionnement applicable lorsqu’une rétention est requise. Il ne détermine pas si une rétention est exigée pour votre installation — cette question relève du dossier ICPE, des prescriptions préfectorales et de l’analyse de votre site. Il ne remplace ni l’étude de la configuration hydraulique, ni l’examen des substances présentes, ni l’échange avec les autorités et experts compétents.
Pour un entrepôt, une installation de production, une zone de chargement ou un stockage de substances dangereuses, l’analyse doit notamment identifier les chemins de ruissellement, les avaloirs, les réseaux internes, les exutoires, les zones de confinement possibles et les ouvertures par lesquelles les effluents pourraient quitter le bâtiment.
Où les barrières mécaniques de rétention interviennent-elles ?
Les portes industrielles, quais, rampes, accès véhicules et seuils constituent souvent des points faibles pour la maîtrise des écoulements. Lorsqu’un relevé fixe, un bassin ou une fermeture manuelle n’est pas compatible avec la circulation quotidienne, une barrière de rétention chimique peut compléter le dispositif de confinement.
Les systèmes anhamm fonctionnent mécaniquement : le liquide entrant dans la zone de collecte actionne un flotteur qui relève la barrière et la maintient en position de protection. Cette logique permet de retenir les liquides sans dépendre d’une alimentation électrique, d’un capteur ou d’une intervention humaine immédiate — un point à mettre en regard de la remarque du guide D9A selon laquelle il est pratiquement toujours nécessaire de manœuvrer des vannes pour rendre une rétention efficace.
Dans le cadre d’une stratégie dédiée aux eaux d’incendie, une barrière de rétention des eaux d’extinction peut être étudiée pour les ouvertures situées au niveau du sol. Elle doit toutefois être dimensionnée et intégrée au dispositif global de rétention du site ; elle ne constitue pas un calfeutrement coupe-feu classé selon la NF EN 13501-2. Pour les sites également exposés au risque d’inondation, la barrière anti-inondation répond à une logique d’activation identique.

Pour approfondir les usages connexes, consultez nos guides sur la protection chimique par systèmes de barrière et sur la protection contre les liquides inflammables.
Checklist : planifier, exécuter et suivre
Avant les travaux
- Identifier les parois et planchers participant au compartimentage incendie, en repérant spécifiquement celles qui délimitent une surface de référence pour le calcul de rétention.
- Recenser les traversées existantes et prévues : câbles, canalisations, conduits et traversées mixtes.
- Déterminer la performance de résistance au feu requise pour chaque situation, exprimée selon les classes européennes.
- Vérifier la compatibilité du système avec le support, les réseaux, les dimensions et l’orientation.
- Prévoir des réserves pour les ajouts futurs lorsque l’exploitation du site le justifie.
Pendant la mise en œuvre
- Appliquer strictement la documentation d’installation du système sélectionné.
- Contrôler les dimensions, l’état du support, les distances et les fixations avant la pose.
- Ne pas substituer un composant par un autre sans validation écrite du fabricant : les documents de classement ne couvrent que des éléments et composants nettement définis et référencés.
- Réaliser une documentation photographique avant fermeture lorsque cela est pertinent.
- Faire intervenir des équipes formées aux systèmes installés.
Après réception et en exploitation
- Identifier chaque calfeutrement avec les informations utiles au suivi du système.
- Conserver les rapports de classement, procès-verbaux, fiches techniques, plans et photos dans un dossier accessible.
- Mettre à jour le registre des traversées après toute intervention.
- Évaluer toute nouvelle pose de câble ou de canalisation avant exécution.
- Inclure les contrôles visuels dans les tournées de prévention incendie et de maintenance, en cohérence avec le test trimestriel des vannes de rétention recommandé par le guide D9A.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un calfeutrement coupe-feu ?
Un calfeutrement coupe-feu est un système destiné à maintenir la résistance au feu d’un mur, d’une cloison ou d’un plancher au niveau d’une traversée de câbles, canalisations ou autres réseaux. Il limite notamment le passage du feu, des fumées, des gaz chauds et de la chaleur entre deux compartiments incendie. Il ne renforce pas la paroi : il restaure sa continuité au droit de l’ouverture.
Quelle est la différence entre EI 60 et EI 90 ?
EI 60 indique qu’un système a satisfait aux critères d’étanchéité au feu (E) et d’isolation thermique (I) pendant 60 minutes dans les conditions d’essai applicables. EI 90 correspond à 90 minutes. Depuis l’arrêté du 22 mars 2004 modifié, les performances sont exprimées en minutes selon les classes européennes et non plus en heures ou fractions d’heure comme sous l’ancien régime CF et SF. Le niveau requis doit être défini selon la performance attendue de l’ouvrage traversé et la stratégie incendie du projet.
Peut-on ajouter des câbles dans un calfeutrement existant ?
Oui, uniquement si l’ajout est compatible avec la configuration couverte par la documentation du système installé. Les documents de classement ne sont délivrés que pour des éléments nettement définis et référencés, ainsi que pour leurs composants. Toute modification doit être vérifiée, exécutée selon les instructions applicables et documentée. Un ajout non maîtrisé peut compromettre la performance du calfeutrement.
Qui peut installer un calfeutrement coupe-feu ?
La mise en œuvre doit être réalisée par une entreprise compétente, capable d’appliquer la documentation du fabricant et de contrôler la conformité entre la situation réelle et la configuration prévue. La formation aux systèmes employés et la traçabilité de l’exécution sont fortement recommandées, notamment parce que la justification de performance repose sur un rapport de classement ou un procès-verbal établi pour une configuration précise.
Faut-il contrôler régulièrement les calfeutrements coupe-feu ?
Oui. Des contrôles visuels périodiques permettent d’identifier les dégradations, les modifications non documentées, les percements supplémentaires ou les passages de réseaux ajoutés après réception. Les contrôles peuvent être intégrés aux inspections de sécurité incendie et aux opérations de maintenance du site.
Une barrière de rétention des eaux d’extinction remplace-t-elle un calfeutrement coupe-feu ?
Non. Un calfeutrement coupe-feu protège les traversées de parois et de planchers contre la propagation du feu et des fumées. Une barrière de rétention agit au niveau du sol pour limiter la propagation d’eaux d’extinction, de produits chimiques ou d’autres liquides. Les deux systèmes sont complémentaires mais non interchangeables : une barrière de rétention ne porte pas de classement EI et un calfeutrement ne retient aucun liquide.
Quelles règles s’appliquent à la rétention des eaux d’extinction en France ?
Les exigences dépendent notamment de l’activité, du statut ICPE éventuel, des substances présentes, des prescriptions applicables et de la configuration du site. Lorsqu’une rétention est requise, le guide pratique D9A dans son édition de juin 2020 fournit la méthode de dimensionnement : volumes de lutte extérieure et intérieure, volume lié aux intempéries à raison de 10 litres par mètre carré de surface étanchée drainant vers la rétention, et 20 % du volume des liquides présents. Une analyse spécifique du projet reste indispensable.
Comment intégrer les calfeutrements et la rétention des eaux d’extinction dans un processus BIM ?
Les calfeutrements peuvent être créés comme objets identifiés dans la maquette, avec des attributs tels que le type de système, la classification, le support, les réseaux traversants et la référence documentaire. La rétention des eaux d’extinction peut être modélisée séparément avec les cheminements des liquides, les seuils, les avaloirs, les volumes et les dispositifs de confinement. Modéliser également les parois délimitant les surfaces de référence permet de conserver la cohérence entre étude incendie et étude de rétention.
Conclusion
Un calfeutrement coupe-feu correctement choisi, installé et documenté contribue à maintenir la continuité du compartimentage incendie au droit des traversées techniques. Il doit toujours correspondre à la situation réelle du chantier et à la performance attendue de la paroi ou du plancher.
Dans les installations industrielles, la prévention incendie doit aussi prendre en compte le risque de dispersion des eaux d’extinction et des liquides dangereux. Les calfeutrements de pénétration et les solutions de rétention répondent à deux risques distincts — mais la méthode de dimensionnement de la rétention s’appuie sur des parois dont la performance dépend, elle, de la qualité des calfeutrements. C’est une raison suffisante pour que les deux sujets soient coordonnés au sein d’une même stratégie de sécurité et de protection de l’environnement.
Vous étudiez une solution de rétention pour votre site ?
Nos ingénieurs analysent les ouvertures, les cheminements de liquides et les contraintes d’exploitation afin de concevoir une solution de rétention adaptée aux eaux d’extinction, aux produits dangereux ou aux risques d’inondation.
Demander une étude techniqueÀ propos de l’auteur
Josef Anhamm est dirigeant d’anhamm Liquid Barrier Products GmbH à Moers. L’entreprise familiale développe depuis plus de 30 ans des systèmes mécaniques de rétention pour les eaux d’extinction, les liquides dangereux et les eaux d’inondation, utilisés dans des installations industrielles dans plus de 42 pays.
Dernière vérification technique : juillet 2026
Avis de non-responsabilité : Cet article présente des informations générales sur le calfeutrement coupe-feu et la rétention des eaux d’extinction en France. Il ne remplace ni une étude de sécurité incendie, ni une analyse réglementaire, ni les prescriptions applicables à votre établissement. Les exigences peuvent varier selon la destination du bâtiment, son classement, son activité, son régime ICPE, les produits stockés et les prescriptions des autorités compétentes. Vérifiez toujours les textes en vigueur, les documents de classement des systèmes employés et les exigences locales applicables à votre projet.


